17/04/2018

Comment choisir son assurance emprunteur?

Les bonnes questions à se poser avant de souscrire son assurance emprunteur

En matière d'assurance, comparer seulement le prix de différents contrats n'a pas vraiment de sens. Et pour ne rien simplifier il n'existe pas LA bonne assurance qui convient à tout le monde. Tout dépend de sa situation personnelle et de ses objectifs. Au-delà des garanties minimales obligatoires, il revient aux emprunteurs de choisir leur niveau de protection. Comment me protéger et protéger mon conjoint en cas de perte de revenus (invalidité, décès) ? Quelles sont les extensions nécessaires ? Etc. Voici les questions clés sans oublier la question du prix, importante malgré tout !

Couverture de l'assurance emprunteur: quotité 50% ou 100% ?

Cette question ne concerne que les multi-emprunteurs puisqu'un emprunteur seul doit assurer 100% du capital emprunté (quotité égale à 100%). Dans le cas d'un emprunteur et d'un co-emprunteur, la somme des quotités doit être supérieure ou égale à 100%. Il peut être pertinent d'adapter les quotités en fonction des revenus de chaque co-emprunteur, sachant qu'il est possible d'aller jusqu'à 100% sur chaque tête. Prenons un exemple: Monsieur est assuré à hauteur de 60% et Madame de 40%. S'il arrive à Monsieur un évènement couvert par l'assurance, celle-ci remboursera 60% des mensualités ou du capital restant dû. Le couple (ou Madame seule en cas de décès) n'aura plus que 40% du prêt à assumer. Les quotités sont en général calquées sur la répartition des revenus au sein du couple. Au-delà de ce minimum d'assurance, l'assurance emprunteur peut être vue comme une protection du conjoint. Si Monsieur veut s'assurer que son épouse n'aura pas de difficulté à rembourser le prêt en cas de décès avant son solde, il peut souscrire une assurance avec une quotité allant au-delà de sa part de revenus dans le couple. S'il va jusqu'à 100%, en cas de décès, l'assurance prendra en charge l'intégralité du capital restant dû. L'assurance emprunteur agit comme une véritable "assurance décès" pour le conjoint survivant qui n'a plus de charge de remboursement de prêt.


Au cours de la vie du prêt, les emprunteurs peuvent voir évoluer leur situation personnelle et professionnelle. Réévaluer ses besoins en terme de couverture peut être pertinent. Que la répartition des revenus ait changé ou que l'on souhaite une meilleure protection de son conjoint, refaire un point a tout son sens quand les années ont passé. Si revoir les quotités à la baisse nécessite l'accord de l'assureur et de la banque, les augmenter ne pose généralement aucun problème. Le coût de l'assurance va nécessairement augmenter mais il est à comparer avec d'autres formes de protection (assurance-vie, prévoyance). Evidemment les cotisations ne constituent pas un capital - elles sont "perdues" si aucun évènement couvert n'a lieu - au contraire d'une assurance-vie. Mais si l'assurance est déclenchée, le capital reçu ne subira aucune imposition (ni droits de succession ni impôts sur le revenu). Les indemnités reçues en cas d'arrêt de travail sont même cumulables avec celles versées au titre d'un contrat de prévoyance. Au-delà du coût, il est donc recommandé d'engager une réflexion sur ce que l'on attend de cette assurance.

Carences, franchises, et exclusions d'une assurance de prêt : quels sont les points de vigilance ?

Ces caractéristiques des assurances de prêt sont à étudier attentivement au regard de sa situation:


  • Le délai de carence correspond au délai de prise d'effet des garanties, il court à partir de la signature du contrat. Si un sinistre survient dans l'intervalle (un évènement couvert par l'assurance: un arrêt de travail, pire un décès ...), l'assurance ne prendra pas en charge le remboursement du prêt.

  • Le délai de franchise est le délai au bout duquel le paiement par l'assurance démarre, il court à partir de la date du sinistre. Pour une incapacité temporaire de travail, le délai est couramment de 90 jours. Ainsi, en cas d'arrêt de travail, le versement des indemnités n'intervient qu'à partir du 91ème jour. Selon sa situation, ce délai est supportable financièrement ou pas. Naturellement, un délai de franchise réduit entraîne un surcoût d'assurance.

  • Quant aux exclusions, elles peuvent être diverses, les plus fréquentes concernent la pratique de certains sports, l'utilisation de 2 roues ou les voyages à l'étranger. Si l'on pratique la plongée par exemple, c'est une activité généralement exclue. En cas d'accident de plongée entraînant une invalidité, l'assurance ne prendra pas en charge le remboursement du prêt. Pour autant, il est tout à fait possible d'être couvert. Il suffit d'adapter le contrat. Cela est valable de la même façon pour d'autres activités à risque ou les voyages à l'étranger.

  • Certaines professions présentant un risque d'accident du travail accru, peuvent également nécessiter une extension de garantie et donc un surcoût. On pense à certains artisans qui travaillent sur chantier mais c'est aussi le cas des commerciaux qui parcourent des milliers de kilomètres par an.

  • La garantie perte d'emploi est une garantie facultative, accessible uniquement aux personnes en CDI. Elle est généralement onéreuse et comme les autres garanties comporte un délai de franchise. Attention, elle est en plus limitée dans le temps. La perte d'emploi correspond à une situation indemnisée par Pôle Emploi (licenciement ou rupture conventionnelle). Il faut également être vigilant sur la limite d'âge appliquée à cette garantie.


Comparer plusieurs contrats, c'est donc comparer ces caractéristiques et sélectionner le niveau de garantie en fonction de ses besoins propres.


Quel est le coût d'une assurance emprunteur ?

Le coût d'une assurance emprunteur dépend avant tout du montant emprunté et de l'âge de l'emprunteur. Les caractéristiques vues précédemment font évoluer le coût selon le niveau et les options choisis. La mensualité peut être fixe pendant toute la durée du prêt ou variable. Si l'on choisit une mensualité fixe, le coût total de l'assurance est lissé sur toute la durée du prêt. Si la mensualité est variable, l'avancement de l'âge fait augmenter la mensualité pendant que la baisse du capital assuré la fait baisser. Pour comparer il faut disposer de l'échéancier complet et imaginer si le prêt sera remboursé jusqu'à son terme ou s'il y a une probabilité qu'il soit remboursé par anticipation (vente ou apport de capital). Cette comparaison peut s'avérer complexe mais sera plus précise qu'une simple comparaison du taux moyen.


Par ailleurs, l'assureur fait remplir un questionnaire de santé pour évaluer les risques liés à l'état de santé de l'emprunteur. Une visite médicale est systématique au-delà d'un certain âge et selon le montant emprunté. L'analyse peut conduire à une surprime ou des exclusions de garantie, voire à un refus. Pour les emprunteurs présentant un risque aggravé de santé, la convention AERAS peut permettre de trouver des alternatives.


Pour un prêt amortissable classique finançant l'acquisition d'une résidence principale, le taux d'assurance moyen (hors surprime) peut aller de 0,07% à plus de 1% en fonction de l'âge et surtout de l'assureur. Ainsi, pour un emprunt de 200 000€, la mensualité s'élève à 11.67€ avec un taux de 0.07% et à 166.67€ avec un taux de 1% ! Même si l'écart n'est jamais aussi grand pour un même assuré, le coût peut aller du simple au double. Il est donc aussi important de considérer le taux de l'assurance que le taux du prêt. De la même manière qu'il est possible de faire racheter son prêt, il est désormais possible de changer d'assurance emprunteur pour un contrat moins cher ou plus adapté.


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